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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 18:20

LE PUTSCH

Mais quoi! Ne sont-ils pas liés par un pacte? Paul Biya ne
sait-il pas que les termes de leur pacte ont été par lui
bafoués, et qu'en conséquence, il doit mourir ? Dès lors,
il doit s'attendre à tout, tant sur le plan physique que métaphysique.
La réponse ne va pas tarder, puisque le 6 avril 1984, des éléments de l'armée restés fidèles à Ahidjo s'organisent autour du mouvement "J'OSE" pour renverser Paul Biya. A défaut d'y parvenir, ils réussissent néanmoins à créer la panique à Yaoundé et dans le reste du pays.
Très réservé, Ahidjo, depuis Paris, déclarera : "Si ce sont mes partisans, ils gagneront". Une assurance à laquelle Henri Bandolo, directeur du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune va s'attaquer passionnément, lui qui avait eu des relations de choix avec Ahidjo. Mais la tentative de putsch va permettre aux services de sécurité et de renseignements du Cameroun d'éprouver leur efficacité. Car pour peu que les mutins eussent été plus intelligents et mieux inspirés, ils auraient réussi leur coup, avec l'avantage de la surprise. Voilà une faction de l'armée qui se mobilise derrière un colonel (Salé Ibrahim) avec succès, sans qu'aucun obstacle n'y mette un terme. Où donc étaient les services de renseignements pour que ces gens aient eu le temps de s'organiser ?
Lorsqu'ils attaquent le Quartier Général, le commandant de cette unité stratégique, l'alors colonel Asso'o Emane Benoît, se résout à la fuite, leur abandonnant son épouse, que les autres se feront le plaisir de violer copieusement, en prenant tout leur temps et leur plaisir. Ils vont contraindre le Général Semengue, le plus haut gradé de l'heure dans l'armée nationale, chef d'état major des armées, à sortir par le trou du climatiseur, pour se cacher ensuite dans la malle arrière d'une voiture que va conduire son chauffeur, qui tenait dès lors le destin militaire entre ses mains. En effet pour franchir le barrage érigé par les mutins, il dut leur faire croire que le brillant officier général était coincé dans sa résidence. Alors qu'on lui prête des pouvoirs de métamorphe et d'invisibilité dont il aurait pu se servir en cette circonstance, pour échapper plus élégamment et avec plus de noblesse à ses poursuivants. Ils s'en vont arrêter à son domicile le délégué général à la sûreté nationale, Mbarga Nguélé Martin, chef de la police, alors que celui-ci converse au téléphone avec un correspondant de Paris qui l'entretient justement sur ce coup d'état. C'est un de ses neveux qui va payer de sa vie l'acte de bravoure dont il se sera montré capable pour voler au secours de son oncle. Ils vont mettre en fuite le ministre des forces armées, Andze Tsoungui Gilbert. Ils vont également faire un certain nombre d'otages au rang desquels le colonel Doualla Massango, Mbarga Nguélé etc ...
La naïveté et l'amateurisme des mutins vaudront aux forces loyalistes de se réorganiser et de préparer une riposte qui aura sauvé le fauteuil de Paul Biya, et épargné le pays d'une spirale de violence et de règlements de comptes. Les mutins sont fusillés du côté de Mbalmayo, et la vie reprend son cours normal.
Mais depuis lors, bien de choses vont changer tant chez Biya que chez Ahidjo. Le premier n'a jamais connu des moments pareils ; il a cru que son jour était arrivé. Il lui faudrait désormais utiliser toutes les voies possibles pour assurer sa protection. Car il s'est rendu compte qu'Ahidjo est prêt à tout pour reprendre le pouvoir. Et il a pris peur pour lui, pour le Cameroun aussi. Du coup ses yeux se sont ouverts : qu'y a-t-il à s'encombrer de ces sacro-saints principes de séminariste ? S'il veut réellement être Président, il doit se jeter à l'eau et se mouiller. Pour faire une omelette, il faut casser les œufs. Le pouvoir ne peut être exercé avec des mains propres.
Le second s'est rendu compte qu'il est en train de perdre absolument le pouvoir. Il croyait qu'ils pouvaient le partager tous les deux. Or, le pouvoir ne se partage pas, il en vit la triste expérience. Cela veut dire qu'il s'est fait doubler par Paul Biya qu'il pensait pouvoir manipuler. Celui-ci lui montre qu'il s'est affranchi de lui et peut faire cavalier seul. Alors, ne va-t-il pas lui rester qu'à tirer les conséquences de cette douloureuse situation ? Pouvait-il avoir un autre recours? Il a tenté la solution extrême, avec ses "partisans". Mais ceux-ci ont lamentablement échoué et se sont retrouvés traqués sur l'ensemble du territoire, puis froidement exécutés après un procès dont l'issue ne faisait, pas de doute.
Paul Biya va tirer les conséquences de ce putsch manqué. Dans la mouvance qui va suivre, le ministre des forces armées est limogé, le ministre de l'administration territorial, Fouman Akame Jean connaît un sort similaire ainsi que Fochive Jean, directeur général du Centre National des Etudes et de la Recherche (Cener), services secrets spécialisés du Cameroun, Le chef de la police quant à lui suivra plus tard avec un sort relativement plus heureux, puisqu'il sera fait chef de mission diplomatique.

LES METAMORPHES

 

Aux grands maux les grands remèdes. Paul Biya comprend enfin qu'on ne peut pas, dans certains contextes, être chef
d'état, sans tremper dans certaines pratiques. Il lui faut
alors s'appuyer sur quelqu'un pour être introduit dans certains milieux. Pour être Président du Cameroun, il lui faudrait être investi des pouvoirs traditionnels des sages du Cameroun.
Il doit y aller étape par étape. Pour éviter de subir un contre effet qui pourrait plutôt lui être préjudiciable, comme le cas d'un ballon qui exploserait pour avoir été gonflé plus qu'il n'en fallait.
Mais le colonel Asso'o Emane Benoît, sur qui il s'appuie avec une particulière dévotion, va lui proposer mieux : comme le commissaire divisionnaire Minlo'o Medjo Pierre, directeur de la sécurité présidentielle, l'homme est originaire de Djoum, un arrondissement du Dja et Lobo, la province natale du chef de l'Etat. Dans cette contrée, vivent des pygmées, êtres humains évoluant dans des conditions à la limite sauvages, à mi-chemin entre les dimensions animale et humaine.
Evoluant dans les brousses de Djoum à travers leurs campements de pygmées qu'ils doivent changer et renouveler du jour au lendemain en de mystérieux mouvements migratoires, ils détiennent des connaissances et des secrets qui ne sont pas à la portée des hommes modernes. Cela est dû à la proximité de la condition animale qu'ils vivent pleinement tout en demeurant plutôt paradoxalement, des hommes. Certes sauvages, mais des
hommes tout de même.
Dans leur maîtrise de l'alchimie animale, ces hommes sont dotés de pouvoirs extraordinaires. La connaissance parfaite des secrets de la forêt et de la brousse fait qu'ils puissent se métamorphoser, par des rites et des techniques spécifiques, en animaux ou en plantes de leur choix. C'est grâce à ces pratiques qu'ils parviennent à vivre dans les forêts, parmi les animaux, et à maîtriser les lois et règles du milieu, pour s'y adapter et s'imposer. Ils peuvent alors vivre tranquillement de la pêche, de la chasse et de la
cueillette.
Le colonel Asso'o est bien connu dans certains campements. Il n'est d'ailleurs pas seul à les fréquenter ; bon nombre de Camerounais vont vers les pygmées, conscients des pouvoirs que possèdent ceux-ci. Ils recherchent alors des avantages de toutes natures, des recettes et autres philtres. Il leur suffit de tomber sur de bons pygmées, pour voir leurs rêves devenir une réalité.

Asso'o, commandait du quartier général de l'armée, avait la réputation de garder un lion dans sa résidence. Ce lion, en général, ne se manifestait que dans la nuit, lorsque la maison plongeait dans le silence total. Alors les éléments en faction à la résidence du colonel entendaient des rugissements répétés qui semblaient, à dessein, les préparer à ce qu'ils allaient voir.
Puis il apparaissait, le lion, majestueux, souple, seigneurial, mais prudent; il gardait une bonne distance, marchait lentement, comme faisant le tour du propriétaire, puis disparaissait dans les ténèbres de la concession. On ne savait pas alors où il allait s'établir pour se reposer. Certaines langues prétendent qu'il avait une chambre dans la maison, puisqu'il n'y avait nulle part de cage de lion. Il n'y avait même pas le moindre élément permettant de traduire qu'un lion existait dans la concession. Pas même des dispositions alimentaires spéciales.
Tout ce qu'il y avait, juste des consignes régulièrement et rigoureusement passées aux soldats en faction chez le colonel ; on les prévenait de ne pas s'effrayer si un lion apparaissait dans la concession, de ne pas l'effaroucher ou le provoquer de quelque manière que ce soit. A la limite, le regarder tout juste : il est de la maison et ne fait de mal à personne.
En réalité, c'est le colonel qui se métamorphosait en lion, car il est métamorphe. Et en cela, il est de ceux qui se font appeler des hommes-lions.
Homme-lion, Paul Biya en est devenu un aussi, entrant non seulement dans la grande famille des métamorphes, mais surtout dans celle plus particulière des "félins", clan des hommes-lions. Pour en arriver là, il a été parrainé auprès des pygmées de Djoum par Asso'o Emane Benoît.
Mais il n'y a pas que des hommes-lions autour du chef de l'Etat. De nombreux métamorphes sont avec lui, appartenant à diverses familles animales, à diverses espèces, à divers clans. Dans le cadre de certaines rencontres spécifiques, ils revêtent, tous leurs formes animales. Cette technique n'est pas que dispensable par les pygmées de Djoum. Même dans les pratiques de sorcellerie pure, de nombreuses personnes prennent la forme animale de leur choix. C'est un phénomène bien connu dans les milieux des chasseurs, en Afrique. Plusieurs fois on a condamné en justice un chasseur qui était convaincu de tirer sur un animal, alors qu'on retrouvera au lieu de l'animal, un être humain bien connu. Si bien que de nos jours, les chasseurs doivent utiliser certaines formules pour apporter la matérialité de leurs allégations.
Dans certaines tribus, le phénomène des totems est si courant qu'il ne fait plus de mystère étant entendu que lorsqu'on tue un animal dans de particulières circonstances, on attend l'annonce du décès d'une personne humaine correspondant à cet animal. Le principe est valable chez les métamorphes. Lorsque quelqu'un se métamorphose en animal, en oiseau etc ..., il subira dans sa condition humaine le traumatisme physique qu'il aura subi dans sa condition en métamorphose. Autrement dit, si on tue une personne métamorphosée en animal, elle sera retrouvée morte en lieu et place dudit animal.
C'est quelque chose qui a failli se produire une fois déjà au Palais de Mvomeka'a. Un soldat de la garde présidentielle descendait de sa faction, arme en main. Il aperçoit soudain un lion à une certaine distance de lui. Il prend peur et panique, arme son pistolet mitrailleur et s'apprête à tirer. Mais des éléments de la sécurité présidentielle qui avaient pour mission de suivre le lion pour veiller à sa sécurité, le devancent et l'abattent. Pour protéger le lion.
Mais un lion vaut-il une vie humaine, fût-il le lion du Président, comme pensaient les exécuteurs ? En réalité, il s'agissait du Président lui-même. L'élément de la garde présidentielle ne savait pas qu'il allait abattre son Président métamorphosé en lion. Ceux de la sécurité présidentielle ne savaient pas eux non plus qu'ils protégeaient non le lion du Président, mais lui-même. Car, Paul Biya est un homme-lion. Lorsque, à la faveur de ses campagnes, il se déclare tel, il ne s'agit guère d'un jeu de mots ; il n'y a rien d'aussi vrai.
Mais alors, pourquoi se transforme-t- il en lion ? Les métamorphes choisissent une forme animale à dessein. Il s'agit de l'animal dont ils voudraient avoir des traits de caractère. Celui qui choisit le lion épouse et revêt ses caractères : courage, force, dynamique, autorité, puissance, domination etc... En se retrouvant dans la forme de l'animal, on effectue une sorte de ressourcement, pour se redynamiser et cristalliser en soi les caractères prédominants chez ledit animal.

 

D'un auteur: Ebale Amougou.


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Published by Aurelien lea marla
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commentaires

Mba 16/12/2010 11:37


Ebalé Angounou, n'a jamais été normal dans sa tête... de son vivant, cet homme ne me semblait pas très équilibré... ces éculubrations aussi...


Onan 03/01/2016 16:04

Mr Mba veux se montrer très réfléchit par ce piteux commentaire!!!! Et bien soit; après que t'ai lu ce discours si telle est ta réaction je dirais que le mal a toujours et toujours des défenseurs de néant; qui n'agissent que pour controverser la vérité. Si tu ne remets pas en question l'étouffement des affaires touchant de près le président de la République; et bien tu vis dans l'illusion; t'es un profane et ton avis sur le sujet est rejeté car lui-même rejette la pertinence des faits sus cités. S'il te plait ferme ta gueule sur le web tu n'y comprends rien au pouvoir; aux cercles vicieux ésotériques; et à la criminalité institutionnalisée.

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