Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 03:01

LE PALAIS HANTE

Pour le Président Ahidjo, tout n'est peut-être pas encore perdu ; n'y a-t-il pas une dernière carte, le joker à abattre ? !
Paul Biya n'est que scélérat, un renégat qui l'a trahi, lui
m Ahidjo, l'homme qui l'a créé, construit, hissé au firmament de la gloire, au point de le porter si haut qu'il n'en revient pas lui-même. Car en réalité, rien ne le prédestinait à un si grand destin. Est-ce ainsi que l'on va remercier quelqu'un qui vous a porté si haut ? Ahidjo en crève de rage. Il jure d'avoir sa vengeance. Il a perdu une bataille, deux ou trois même, mais il s'agit d'une guerre. Et, cela est une autre paire de manche. Il peu encore gagner.
Le pouvoir est absurde. Sa quête rend fou. Le Président Ahidjo ne veut pas entendre raison, et ne peut pas se rendre à l'évidence. Il n'a plus rien ; il n'y a plus d'armée qui lui soit acquise, justes des sympathisants épars et disséminés çà et là, incapables d'ailleurs de confesser publiquement leur sympathie à celui qui fut " le père de la nation", par peur de représailles subséquentes.
Les personnes sur lesquelles il aurait pu compter ont été écartées des affaires de l'Etat, à l'instar de Ngwa Samuel, son dernier délégué général à la sûreté nationale. Viré par Paul Biya après vingt sept années à la tête de la police, il est remplacé par l'alors directeur des renseignements généraux de la sûreté nationale, Mbarga Nguélé Martin qui, en moins de deux heures partira du grade de commissaire principal à celui de commissaire divisionnaire, question d'être au même niveau que les autres divisionnaires, puisque dans la même tranche de temps, il allait être nommé, puis installé au poste de délégué général à la sûreté nationale, en remplacement de Ngwa Samuel, soupçonné d'intelligence avec Ahidjo. Dans les coulisses du palais, on disait que l'ex-délégué venait de recevoir d'Ahidjo une motivation de trois cents millions de francs CFA non dévalués (nous sommes en 1983), pour faire passer dans le pays des armes qui serviraient à renverser le Président. Vraie ou fausse information ? Les mêmes sources firent en tout cas lieu de ce que le chef de l'Etat, ayant convoqué le délégué seulement quelques heures avant sa disgrâce, lui intima l'ordre de reverser cette somme au trésor public. Ce que l'autre aurait fait.
Mais l'ex délégué à la sûreté nationale, dit ne rien reconnaître de ce qui lui fut reproché. Un jour après son limogeage, il reçut la visite d'un de ses anciens collaborateurs, Kwende Alfred, un haut cadre de la police camerounaise, alors directeur adjoint de l'école nationale supérieure de police de Yaoundé. Celui-ci fut reçu ainsi par l'ex patron de la police dans ce

qui était la résidence officielle, en présence de l'auteur du présent ouvrage, déjà "fils" de l'ex comme du nouveau délégué général. Ngbwa Samuel, la main sur le cœur, affirmait et soutenait son innocence à son interlocuteur et ancien collaborateur, venu lui exprimer sa sympathie.
Ahidjo n'a donc plus personne dans l'appareil de l'Etat, pour lui donner un sérieux coup de main. Paul Biya a placé ses pions à tous les niveaux, et restructuré les données politiques et administratives : les provinces du centre-sud et du nord vont connaître un éclatement, en sorte qu'on ait plutôt le centre et le sud, deux nouvelles provinces distinctes, et l'Adamaoua, le nord et l'extrême-nord, trois nouvelles provinces. De même, le parti unique, l'UNC va, à la faveur du congrès de Bamenda, devenir le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), une fondation de Paul Biya. Le dernier label d’Ahmadou Ahidjo se sera donc écroulé.
Toutes ces vues ne sont pas pour le conforter. Il va alors user d'une technique propre aux initiés pour s'attaquer directement à Paul Biya : le dédoublement. Il s'agit de cette faculté qu'ont développée et acquise certaines personnes rompues aux sciences hermétiques, d'être présentes physiquement en plusieurs lieux à la fois.
C'est donc ainsi que la paix et la sérénité vont être saignées au Palis de l'Unité, où Ahidjo se manifeste désormais de manière inopinée et intempestive. On le rencontre dans les couloirs, les allées et autres pièces personnalisées. Il apparaît dans les chambres et les cuisines, mettant en fuite leurs occupants. Il apparaît dans les salons, la bibliothèque, les bureaux privés, créant à chaque fois des remous, arme au poing, vraisemblablement à la recherche de Paul Biya pour l'abattre assurément.
Tout à fait conscient de la gravité de la situation, le Président qui, à plus d'une reprise, a échappé à son prédateur, finit par passer des consignes à ses services de sécurité : il faut tirer à vue sur Ahidjo. Mais la situation n'est guère plaisante car Paul Biya doit se faire garder jusque dans les lieux les plus intimes, par peur d'être surpris en quelque lieu isolé par son chasseur qui ne manquerait pas de le canarder.
Le dédoublement, dans les sociétés ésotériques est pratiqué par tous ceux qui ont atteint un niveau respectable dans leur parcours. Chez les sorciers, il s'agit de tout ce qu'il y a d'élémentaire, d'un préliminaire. De nombreuses personnes pratiquent le dédoublement avec une parfaite maîtrise de cet exercice. Bien entendu, Ahidjo prend des risques et en est fort conscient. C'est pourquoi il veille à ne pas s'attarder sur un lieu dès qu'il apparaît. Une balle, un violent choc physique, et il sera dans de vilains draps.

Il faut y mettre rapidement un terme. L'atmosphère du Palais devient invivable, avec cette menace d'Ahidjo qui y sévit dangereusement. Paul Biya a alors recours à l'Archevêque de Yaoundé qui, à l'heure de Nicodème, va procéder à des rites au Palais de l'Unité. Mais peine perdue, car Ahidjo continuera de se manifester, toujours plus menaçant. Le Président va alors faire appel à son maître spirituel Dayas Ekwe, éminent Rosicrucien. "Il ne faut pas violer un pacte", lui recommandera celui-ci. Cette réaction amènera Paul Biya à ternir ses rapports avec son maître.
N'ayant eu aucun succès dans le pays alors que la menace d'Ahidjo pèse de tout son poids sur lui, Paul Biya va alors recourir à la diaspora en faisant appel à un grand maître occidental qui ne va pas tarder à répondre présent. Grâce à l'action de celui-ci, la présence maléfique d'Ahidjo va être jugulée : l'ex Président n'apparaît plus au Palais de Biya ; ses pouvoirs ne peuvent plus franchir les portes d'Etoudi. Le grand maître de l'AMORC aura bien mérité les 07 milliards de F CCFA que le Président Biya lui offrit après ses rituels.
Ahidjo vient de perdre définitivement Etoudi, et n'a plus nul espoir de prendre encore le dessus sur Paul Biya. Alors, il craque et disjoncte. Dans sa résidence en banlieue de Paris, le Président déchu passe le plus clair de son temps à hurler, maudire, exprimer sa colère, injurier Paul Biya, proférant des imprécations contre le Cameroun et les Camerounais. Il est alors atteint d'une violente crise de nerfs, et refuse toute consolation : Paul Biya l'a trahi et lui a menti; voilà la quintessence de son message.

 

 

D’un auteur : Ebale Amougou (Part3)

Par Aurelien lea marla
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