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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 19:50

Vu sur "le point.fr"

 

 

Au Cameroun, comme dans 38 autres pays du continent africain, l'homosexualité est un délit . Vendredi 20 juillet, à Yaoundé, se tient l'audience en appel de deux jeunes Camerounais, Jonas Singa Kumie et Franky Djome, respectivement âgés de 19 et 20 ans, accusés d'avoir eu des rapports sexuels ensemble.

En novembre 2011, le tribunal de première instance d'Ekounou (Yaoundé) les avait condamnés pour "fait d'homosexualité" à cinq ans de prison ferme, la peine maximale pour ce type de pratique, assortie d'une condamnation au versement d'une amende de 200 000 FCFA, soit 300 euros. Depuis 1972, l'article 347 bis du code pénal camerounais stipule qu'"est punie d'un emprisonnement de six mois à cinq ans ferme et d'une amende de 20 000 à 200 000 FCFA [soit 30 à 300 euros]toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe".

Les deux accusés séjournent en prison depuis leur arrestation fin juillet 2011, tandis qu'un troisième jeune homme, interpellé avec eux, a bénéficié d'une mesure de liberté provisoire parce qu'il a pu payer directement l'amende. Pour rappel, les trois hommes avaient été surpris alors qu'ils avaient des rapports sexuels à bord d'un véhicule sur la voie publique dans le quartier d'Essos à Yaoundé, dans la nuit du 26 au 27 juillet 2011.

 DES CONDITIONS DE DÉTENTION SORDIDES

Le jugement est considéré comme particulièrement sévère par leur défense, qui estime que la décision a été "bâclée""La faute à l'acharnement d'un juge homophobe qui avait pris plaisir à s'attarder sur le détails des attouchements que les accusés pratiquaient, les perruques qu'ils portaient, et le Baileys qu'ils consommaient, une boisson jugée féminine", déclare Saskia Ditisheim, présidente d'Avocats sans frontières Suisse (ASF), dont la mission est de couvrir chaqueprocès pour crime d'homosexualité au Cameroun. La décision est d'autant plus critiquée que les conditions de détention des prisonniers sont particulièrement sordides.

Jean-Claude Roger Mbede, un co-détenu des accusés, lui aussi condamné à trois ans de prison pour homosexualité en avril 2011, raconte comment, le 18 juin 2012,Francky Djome a été "passé à tabac par plusieurs gardiens de prison qui le traitaient de pédé parce qu'il avait des tresses sur le crâne". Le jeune homme aurait ensuite été molesté pendant une quarantaine de minutes en même temps que les gardiens de prison lui rasaient le crâne, puis il aurait été "enchaîné une main au pied" avant d'être placé "assis à l'intérieur du caniveau d'où passent les crachats et toutes les autres immondicités du quartier des malades de la prison". Il y serait resté toute la journée jusqu'à 17 heures sous le soleil, privé d'eau et de nourriture.

Saskia Ditisheim, qui plaide aux côtés d'Alice Nkom et Michel Togué, les avocats des deux accusés, espère beaucoup de cette audience en appel : "Notre but immédiat est que mes deux mandants puissent recouvrer la liberté dès que possible. Notre but ultime est la dépénalisation de l'homosexualité au Cameroun."

UN DURCISSEMENT DES SANCTIONS EN PERSPECTIVE

Une dépénalisation qui semble pourtant loin d'être à l'ordre du jour, à l'heure où le gouvernement prépare la réforme du code pénal afin de "renforcer le délit d'homosexualité", en faisant passer de 5 à 15 ans la peine de prison pour homosexualité en cas de "circonstances aggravantes", affirme Me Alice Nkom, par ailleurs présidente de l'Association camerounaise pour la défense des droits des homosexuels (Adhefo). Les "circonstances aggravantes" concernent l'infraction d'homosexualité commise sur un jeune entre 16 et 21 ans, passible de 8 ans de prison, et celle commise sur mineur de moins de 16 ans et dont la condamnation oscille entre 10 et 15 ans d'emprisonement, le gouvernement n'hésitant pas àmettre sur un pied d'égalité homosexualité et pédophilie.

Les ONG sont de plus en plus nombreuses à se mobiliser pour la défense des droits des homosexuels en Afrique. En août 2010, Human Rights Watch (HRW) et Alternatives-Cameroun avaient demandé la dépénalisation des pratiques homosexuelles au Cameroun, invoquant les recommandations du Comité des droits de l'homme des Nations unies. En mars, Amnesty International (AI) a réitéré sa demande de libération des deux jeunes hommes. L'occasion de réclamer la fin des mises en détention "et autres formes de persécutions" contre les homosexuels dans ce pays. AI recense une centaine d'arrestations arbitraires d'homosexuels par an au Cameroun et 13 d'entre eux ont été emprisonnés depuis mars 2011. "L'utilisation de lois criminalisant des activités sexuelles privées entre adultes consentants va à l'encontre des lois internationales sur le respect des droits de l'homme que le Cameroun a ratifié ", souligne l'ONG. 

Camille Bordenet

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 22:12

unedu11.7.gifLe Nouveau Courrier-11/7/2012

Le président russe Vladmir Poutine est sorti de ses gonds, hier mardi 10 juillet, face à l’ingérence maladroite et outrancière des Etats et de l’Union européenne – avec pour chef de file la France – dans le conflit syrien. Dénonçant par ailleurs l’exportation de la «démocratie des missiles» pour mieux exploiter les pays victimes. Celui qui se place désormais en défenseur des Etats «agressés» par l’axe UE-USA, entend oeuvrer à éviter la perpétuation de cette ingérence meurtrière

Pour les uns, le retour de Poutine aux affaires en Russie était vu comme une espérance, pour les autres ce comeback de l’homme fort de Moscou au devant de la scène risquerait de gêner beaucoup de choses. Et depuis sa nouvelle élection à la tête de la Russie, Poutine n’a pas failli à sa réputation. Il ne manque pas d’occasion pour dénoncer l’attitude des dirigeants américains et européens dans les crises qui secouent le monde ; et plus particulièrement leurs ingérences outrancières, qui se soldent dans bien des cas par une intervention militaire. Le président russe, Vladimir Poutine, a fait savoir, hier à Moscou, que la domination des Etats-Unis et de l’UE dans le monde s’est affaiblie suite aux désarrois socio-économiques internes des pays évolués. Aussi, poursuit-il, s’évertuent-ils à faire feu de tout bois pour conserver leur influence habituelle. «Cela se traduit par l’exportation d’une ‘‘démocratie’’ assise sur les missiles et les bombes et par l’ingérence dans des conflits internes, notamment dans les pays arabes», a déclaré Vladimir Poutine. Les Etats-Unis et l’Europe, a-t-il poursuivi, «recourent souvent à des actions unilatérales, contrairement aux normes du droit international», a rapporté la Radio La voix de la Russie. Cela est particulièrement évident à l’exemple de la Syrie, dénonce le président russe. De toute évidence, c’est cette quête effrénée de richesses des pays faibles qui ont poussé les Etats-Unis à intervenir en Irack et la France à bombarder les Ivoiriens et les Libyens, au nom de la fameuse «démocratie» par les bombes. La Russie qui jusque-là observait une certaine posture n’entend plus laisser prospérer cette forme de néo-colonisation et pillages des richesses au nom d’une prétendue démocratie. C’est pourquoi, depuis lors, elle reste intransigeante sur le cas de la Syrie où, encore et toujours l’Europe et les Etats-Unis veulent forcer la main et déstabiliser définitivement ce pays. Prétextant toujours la protection des civils, ces pays occidentaux anéantissent les armées régulières de ces pays et arment parallèlement des rébellions, de prétendues «revolutionnaires». Côte d’Ivoire, Libye, Irak, même scénario, mêmes acteurs et mêmes objectifs inavoués : le pillage des ressources des pays «démantelés ». Ainsi va la «démocratie » des bombes et des missiles

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 19:40

imgres-copie-9.jpgIya Mohamed a été placé en détention préventive hier au Sed

Des sources bien introduites dans le système, nous avons appris ce matin qu'Iya Mohamed, président de la fédération camerounaise de football a été interpellé hier et placé en détention préventive. Son passeport lui avait déjà été retiré le 18 avril dernier. Son arrestation hier soir aux environs de 16 heures marque un tournant décisif pour ce feuilleton qui a commencé depuis quelques temps déjà et dont l'épilogue ne pouvait être rien d'autre que son arrestation pure et simple.

Le président de la Fecafoot et concomittamment  Directeur Général de la Sodecoton, société dans laquelle l'Etat camerounais reste majoritaire se savait déjà le collimateur de l'homme lion depuis un certain temps. un conseil d'administration extraordinaire avait même été convoqué le 25 Avril pour demettre monsieur IyaMohamed de ses fonctions au sein de cette entreprise. Le nom de Maurice Hamidou avait alors été évoqué pour lui succéder. 

Depuis quelques jours, les rumeurs circulaient dans la capitale du Cameroun selon lesquelles monsieur Iya Mohamed aurait essayé de fuir le Cameroun par voie terrestre et avec de faux documents. C'est probablement pour couper court ces rumeurs et empêcher monsieur Iya de sortir du Cameroun que les autorités judiciaires ont décidé de l'interpeller et de le placer en détention préventive.

Si on peut mettre au crédit d'Iya mohamed les deux dernière coupes d'Afrique remportées par le Cameroun, il est quand à noter que depuis son arrivée à la tête de la fécafoot, le football camerounais est dans un état pitoyable. Les soupçons de trafic d'influence, de corruption et de favoritisme qui ont émaillé les multiples titre de coton sport de Garoua, club appartenant à la Sodecoton, mais dont Iya Mohamed n'est pas responsable direct. les déboires de l'équipe nationale de football, les primes non payées, le championnat désavoué suffisent à eux seuls comme éléments à charge contre Iya Mohamed.

L'arrestation d'Iya Mohamed tourne une sombre page de l'histoire du football camerounais, une page marquée par le clanisme, la corruption, l'incompétence, l'insouciance, le népotisme, les détournements multiples, la désorganisation.

Si sur le plan politique, certains voient en cette arrestation après celle de Marafa Hamidou Yaya un acte de guerre contre ce qu'on a appelé "le clan du nord" il est à noter que Iya mohamed comme tout ceux qui ont participé à la destruction du Cameroun méritent largement ce qui leur arrive. De Atangana Mebara à Iya Mohamed, en passant par Mounchipou Seidou, Abah Abah, Etonde Ekotto et autres, toutes les ethnies ou presque sont représentes dans cette macabre saga judiciaire que Paul Biya a ouvert au cameroun. 

Même si nous ne soutenons pas les actions de ce despote qui conduit le Cameroun depuis 1982 vers les abysses dans lesquelles il se trouve aujourd'hui, nous lui reconnaissons par l'arrestation de cet autre ponte du régime un certain mérite: celui de réussir quand même à envoyer ces individus négatifs loin des affaires.

Comme on dit souvent "mieux vaut tard que jamais".

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 12:43

Dans une lettre dont la stupidité est à la hauteur du ridicule, le bien tristement célèbre ministre, que dirais-je? "sinistre" de l'enseignement supérieur et par ailleurs sécretaire national à la communication du RDPC, répond à la troisième lettre ouverte de Marafa.

Jacques Fame Ndongo a, dans une missive et une forme dont lui seul détient le secret, tenu à répondre aux diverses invectives de Marafa à l'endroit de Paul Biya. Ne supportant plus cet affront de Marafa au grand maître, cette felonie de pique-boeuf, jacques Fame Ndongo signe là alors un coming out sans nul autre pareil. Oui il fallait mettre un terme et clouer le bec à ce "fumier de traître" de Marafa qui pourfend aujourd'hui celui qui l'a sorti du tréfonds du pays des "Maguidas" pour faire de lui un homme dans ce pays. En tout cas Fame Ndongo n'y est pas allé du dos de la cuillère il a versé dans tout ce qui peut être qualifié de griotisme et délation pour encenser son dieu et dénigrer Marafa.

Mais Marafa ne devrait pas s'étonner de cela car comme dit un vieux dicton africain, "quand l'éléphant broute le champs de ton voisin tu ne le chasse pas, sache qu'après ce sera ton tour". En acceptant et en participant à la sombre oeuvre de Biya dans ce pays, il posait les jalons de sa fin.

Lisez plutôt la lettre de Fame NDONGO et jugez-en vous même.

 

À travers les médias, les militants du RDPC, les Camerounais et les internautes du monde entier ont assisté, éberlués, à la naissance d'un écrivain camerounais qui rivalise d'inspiration et de ténacité avec les célébrissimes romanciers épistolaires français: Pierre Choderlos de Laclos («Les liaisons dangereuses», 1782), Jean-Jacques Rousseau «Julie ou la Nouvelle Héloïse». 1761) ou encore Madame Marie De Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné (qui écrivit des « lettres » à sa fille, Mme Rabutin-Chantal de Grignan, pendant 30 ans, au 17è siècle).

Naturellement, chaque écrivain a son style (« le style, c'est l'homme», nous apprend Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon). Autant celui des prosateurs ci-dessus cités est limpide,

fluide et étincelant, autant la prose épistolaire du camarade Marafa Hamidou Yaya est rigide, sèche, voire arithmétique.

Normal : l'ex-ministre d'Etat, ministre de l'administration territoriale s'inscrit, non dans le registre de la tendresse et de l'amour comme Rousseau, Laclos ou Mme de Sévigné, mais dans la logique du désamour, de la " terreur amoureuse " (dirait Shakespeare) ou du conflit politique que décrit si bien Maurice Duverger, éminent professeur de sociologie politique : " le combat politique se déroule sur deux plans : d'un côté entre des hommes, des groupes et des classes qui luttent pour conquérir, partager ou influencer le pouvoir ; de l'autre, entre le pouvoir qui commande et les citoyens qui lui résistent ". (Introduction à la politique, p.27).

Bien que le Président Paul Biya conduise une politique de rassemblement, de concorde et de démocratie apaisée, il semble que d'aucuns préfèrent une politique conflictuelle et haineuse. Ils n'hésitent pas à tenir la dragée haute au Président de la République, quitte à transgresser le devoir de réserve qui est un sacro-saint principe du droit administratif et à vitupérer (comme M. Marafa) celui qui, discrétionnairement, l'a politiquement hissé au firmament, il y a 20 ans (1992. Secrétaire d'Etat aux finances). Mais, cette attitude atypique ne nous surprend guère, l'Histoire étant parsemée de ces reniements aussi loufoques que machiavéliques et spectaculaires.

Au niveau du Secrétariat à la communication du RDPC, nous procédons à l'autopsie de la littérature épistolaire du camarade Marafa, à l'aune de trois articulations.

Discipline du Parti

Le camarade Marafa Hamidou Yaya est membre du RDPC, du Comité Central et du Bureau Politique. Jusqu'à preuve du contraire, nous le considérons comme l'un des nôtres, à part entière. Toutefois, si, "de jure", il appartient au RDPC, "de facto", il semble avoir pris ses distances (c'est un euphémisme) avec le RDPC dont il est membre du Bureau politique depuis près de deux décennies et, à ce titre, il est chargé d'assister le Président National du RDPC (S.E. Paul BIYA) dans la conduite des affaires du Parti en dehors des réunions du Comité Central (article 26, alinéa 1 des Statuts).

En présentant aux Camerounais son projet de société, il se démarque du RDPC (pour lequel il a battu campagne pendant de longues années) car ce Parti soutient la politique définie par le Président de la République, Président National du RDPC. Je rappelle que le camarade Marafa a toujours approuvé les résolutions de politique générale, de politique économique et financière et de politique sociale et culturelle inhérentes aux différents congrès ordinaires et extraordinaires du RDPC depuis une vingtaine d'années, y compris le Congrès ordinaire de 2011 dont il était l'un des membres de la commission de politique générale. Stricto sensu, " la qualité de membre du RDPC se perd soit par démission, soit par exclusion " (article 9 des Statuts). Je ne sache pas que l'une ou l'autre hypothèse soit validée.

Toutefois, le fait, pour un membre du RDPC, de présenter aux Camerounais un projet de société autre que celui du Président National induit, implicitement, que ce camarade déroge sciemment aux dispositions pertinentes de l'article 31 des Statuts. Cela signifie qu'il en tire, lui-même, les conséquences. Le principe aristotélicien du tiers-exclu nous apprend que nul ne saurait " être et ne pas être ".

La politique de la Nation

L'article 5 de la Constitution stipule que " le Président de la République définit la politique de la Nation ". Au RDPC, nous constatons que pendant près de vingt ans (Secrétaire d'Etat aux finances, Conseiller spécial du Chef de l'Etat, Ministre d'Etat Secrétaire général de la Présidence de la République, ministre d'Etat, ministre de l'administration territoriale et de la décentralisation où il fut en fonction pendant dix ans : 2002 – 2012, président du Conseil d'administration du FEICOM), le camarade Marafa a toujours scrupuleusement appliqué la politique définie par le Président de la République, sans que la moindre disjonction politique ne soit rendue publique entre celui qui l'a nommé par décret cinq fois à des postes on ne peut plus sensibles et lui-même.

Un décodage textuel de ses " Lettres "» nous permet de déduire qu'il ne soutient plus cette politique. Mieux, il est porteur d'un projet présidentiel autonome. Qui pis est, il couvre d'opprobre son ancien mentor et promet, selon certaines indiscrétions, de " déféquer " (excuser la métaphore rabelaisienne) encore davantage sur celui qui le nomma ministre d'Etat et le coopta, à 44 ans, au Bureau politique du Parti proche du pouvoir.

C'est son droit le plus élémentaire, le Cameroun étant un Etat de droit, une démocratie plurielle et un pays où " il n'est plus besoin de prendre le maquis pour exprimer ses idées ", (dixit Paul BIYA à Bamenda, le 22 mars 1985). Au demeurant, le Chef de l'Etat est un apôtre inoxydable du libre débat d'idées : " Je suis convaincu de ce que la construction du Cameroun moderne exige non seulement la participation active de tous les enfants de mon pays, mais encore et surtout une nouvelle organisation de la vie commune qui repose sur le débat permanent dans la libre confrontation des idées " (Pour le libéralisme communautaire, p. 152).

Mais, le bât blesse à trois niveaux : d'abord la diversion ( je ne dis pas la " subversion ", un concept que, fort heureusement, le Renouveau a proscrit du lexique politique camerounais et qui, en d'autres temps, sema la terreur dans de nombreuses familles camerounaises). Le camarade Marafa est attendu sur le terrain judiciaire (au tribunal) ; mais, il s'illustre sur le champ politique, ses contempteurs diraient " politicien " en présentant à l'opinion publique mondiale sa version des faits.

C'est un plaidoyer pro-domo, qui, comme chacun le sait (lui-même y compris) peut, à l'instar de tous les plaidoyers pro-domo, se situer à des années-lumière de la vérité ; ensuite le divertissement (j'emprunte ce terme à Blaise Pascal qui, dans Les Pensées, 1670, fustige l'attitude. de l'Homme : incapable de regarder la réalité en face, il cherche un exutoire où il peut s'auto-sublimer).

C'est une démarche tout à fait psychanalysable, la sublimation étant un reflet du " ça " ; enfin, le manichéisme : le Chef de l'Etat est peint sur un registre dantesque voire ubuesque (Ubu Roi), lors même que l'image connue et reconnue de S.E. Paul Biya est celle d'un homme d'Etat pondéré, sage, perspicace, patriote, démocrate. Pensons aux trésors de diplomatie, de finesse, de patience qu'il a dû déployer pour affirmer la camerounité de la presqu'île de Bakassi. Et quid de l'image du camarade Marafa ? Selon lui-même, elle est angélique (loyauté, intégrité, engagement, fidélité, rejet de la courtisanerie et de la duplicité, conseils pertinents et perspicaces au Prince). Voire !

Le terrain judiciaire

C'est sur ces eaux véridiques que le peuple camerounais attend, maintenant, le camarade Marafa (et non sur de prétendues " révélations fracassantes " ou sur un narcissisme autopurificateur).

À ce sujet, il ne serait pas incongru de rappeler les dispositions de la Constitution : " La Justice est rendue sur le territoire de la République au nom du peuple camerounais " (article 37). Au lieu de jeter l'anathème sur le Chef de l'Etat qui est " le garant de l'indépendance du pouvoir judiciaire " (article 37 de la Constitution) et non le castrateur des ambitions présidentielles de certains Camerounais (peut-on dire, pour prendre un échantillon aléatoire, que Dieudonné Angoula, Gilles Roger Belinga, Joseph Edou, Siyam Siwé, Mme Haman Adama etc.

voulaient devenir Président de la République ? Garga Haman, Haméni Bieleu, J.J. Ekindi, et John Fru Ndi sont-ils en prison ? ), le camarade Marafa devrait plutôt préparer avec méthode et rigueur son argumentaire devant la Cour, où il y aura des débats publics et contradictoires, à moins que ses avocats que nous supposons pugnaces et sagaces, ne l'aient déjà fait. C'est au tribunal que l'on " dit le droit " et non sur Internet. Quelle est la problématique ? Convaincre le juge, le moment venu, qu'il doit partir du statut de " prévenu " (qui est le sien actuellement) à celui d'innocent (non coupable), car il bénéficie toujours de la présomption d'innocence que lui reconnait la Loi.

Gloser sur les intentions d'Hérode qu'aurait le président de la République, " les insuffisances du code électoral " qu'il appliqua sans sourciller officiellement (avant sa modernisation en 2012) quand il était ministre d'Etat, ministre de l'administration territoriale et de la décentralisation, les entretiens privés avec le chef de l'Etat, les avis et conseils dont il crédita le Président de la République quand il occupait de hautes fonctions ministérielles (l'avis d'un citoyen, fût-il ministre d'Etat et membre du Bureau Politique, n'engage guère le peuple camerounais qui, seul, peut, souverainement et démocratiquement, par les urnes, décider du maintien ou non, à ses fonctions régaliennes, du Président de la République). Les " Lettres " du camarade Marafa participent de ce que René Descartes appelle " une opinion " (essentiellement relative, voire subjective) et non pas, nécessairement, " la vérité ". Celle-ci requiert les pré-requis méthodologiques suivants : observation, hypothèse, vérification, loi.

Seul le pouvoir judiciaire est habilité à transformer une opinion (plaidoyer pro-domo, plaidoirie d'un avocat, articles décapants des médias, tracts subrepticement placardés ou jetés dans la rue pour que le prévenu soit « libéré » etc.) en une vérité, un mensonge ou une demi-vérité. Et la décision de la Cour a une valeur apodictique (encore que les voies de recours soient possibles, grâce à la procédure de l'appel). Ce n'est pas à un Ingénieur pétrochimiste de haut vol que je l'apprendrais, car il s'agit-là, des fondements irréfragables de la démarche scientifique explicités par Gaston Bachelard. En définitive, nous attendons (sans passion, rancune, rancœur ni haine) ce que dira la Justice.

La séparation des pouvoirs que recommande Charles de Secondat, baron de La Brèche et de Montesquieu dans L'Esprit des lois (1748) nous amène à rappeler que le Président Paul Biya ne dit pas le droit, en sa qualité de chef du pouvoir exécutif. Cette prérogative appartient au pouvoir judiciaire qui rend la justice, au nom du peuple camerounais, en toute indépendance.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 22:51

DEUXIÈME LETTRE OUVERTE DE MARAFA HAMIDOU YAYA AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SUR LE CODE ÉLECTORAL ET LA PRÉSERVATION DE LA PAIX.

 

Lundi, 14 Mai 2012 08:54 |

 

Monsieur le président de la République,

 

Vous avez promulgué la loi n°2012/001 du 19 avril 2012 portant code électoral. Permettez-moi de relever les insuffisances et les omissions contenues dans cette loi avant d’aborder la problématique du code électoral et celle de la succession à la tête de l’Etat, afin de préserver la paix dans notre pays.

 

I-Insuffisances et omissions de la loi du 19 avril 2012 :

 

 En ma qualité d’ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, j’ai lu cette loi avec attention.

 J’ai noté pendant les débats à l’Assemblée nationale, la sagacité des députés qui ont empêché que cette loi soit adoptée en catimini et qui vous ont également évité le parjure en s’élevant contre la disposition anticonstitutionnelle du mandat impératif.

 D’autre part, les insuffisances et les omissions ci-après contenues dans cette loi méritent d’être adressées :

 a)Article 70 (3) et (4)

 Le récépissé remis au moment de l’inscription est source de conflits. C’est un document non sécurisé. Il peut être dupliqué, photocopié ou fabriqué par qui le voudra. Aussi, les électeurs pourront, le moment venu, brandir plusieurs récépissés en leur nom ou un même récépissé délivré à plusieurs personnes. Il y aurait donc lieu de remettre à chaque électeur sa carte électorale au moment de son inscription sur la liste électorale.

 b) Article 75 (3)

 Cet article dispose qu’«en cas de refonte, le Directeur général des élections peut proroger la période…pour une durée n’excédant pas trois mois ». C’est-à-dire concrètement que cette période pourrait aller jusqu’au 30 novembre.

 Dans ce cas, la loi devrait aménager les autres délais se rapportant à cette opération. En particulier :

 -le délai de transmission au démembrement départemental du procès-verbal des travaux de la commission de révision des listes électorales, fixé au plus tard le 20 octobre (article 78 (1)) ;

 -le délai de transmission du fichier électoral provisoire du département pour affichage, fixé au plus tard le 20 octobre (article 78 (2)) ;

 

-le délai de transmission du procès-verbal des opérations rectificatives, fixé au plus tard le 10 novembre (article 79 (1)) ;

-le délai de transmission du fichier électoral révisé, fixé au plus tard le 10 décembre (article 79 (2)) ;

-le délai de publication de la liste électorale nationale, fixé au plus tard le 30 décembre (article 80).

c) Article 87 (1)

Il y aurait lieu de mettre fin à la campagne électorale l’avant-veille du scrutin à minuit afin de permettre à toutes les parties prenantes (candidats, partis politiques, administration, Elecam et commissions locales de vote notamment) de préparer sereinement le jour du scrutin.

 d) Article 122 (2)

 Un certificat médical devrait figurer dans les pièces devant accompagner les déclarations de candidature à la présidence de la République.

 e) Titre VI

 Nulle part dans la loi l’on ne trouve les dispositions relatives à l’exécutif communal (maire et adjoints), à son élection et au nombre d’adjoints aux maires. Elles devraient être réintroduites.

 f) Article 219 (1)

 Il y aurait lieu de préciser que seuls les partis politiques ayant pris part aux élections générales dans la région concernée peuvent participer aux élections partielles, comme cela a été pour les élections des députés (article 155 (4)) ; des conseillers municipaux (article 174 (1)) et des conseillers généraux (article 268 (3)).

 

 II-La problématique du code électoral

 

 A la veille de l’élection présidentielle de 2004, j’ai parcouru les dix (10) provinces de notre pays et j’ai tenu des réunions publiques dans chaque capitale provinciale avec l’ensemble des parties prenantes concernées par les élections. Ces réunions, parfois houleuses, ont vu la participation des chefs des partis politiques et de leurs responsables à la base, des députés, des conseillers municipaux, des chefs traditionnels, des responsables de la société civile et naturellement de la presse.

 A cette occasion, j’ai recueilli les doléances de nos compatriotes portant sur le processus électoral. Celles-ci portaient particulièrement sur l’amélioration de la législation électorale et sur le retrait de l’administration du processus.

 En février 2006, je vous ai soumis la toute première mouture d’un code électoral.

 Au cours de l’année 2006, des missions d’étude ont été envoyées dans certains pays et ont abouti à l’élaboration de la loi du 29 décembre 2006 portant création, organisation et fonctionnement d’ «Elections Cameroon » (Elecam).

 En février 2008, je vous ai soumis une mouture définitive du projet de code électoral en vous suggérant que le Premier ministre organise des consultations avec les partis politiques et la société civile, leur remettre le projet de code électoral afin qu’ils l’enrichissent éventuellement pour aboutir à un document consensuel devant être adopté par voie de référendum.

 C’est ainsi que la loi fixant les procédures du référendum a été adoptée par l’Assemblée nationale et promulguée le 13 avril 2010.

 Monsieur le président de la République,

 Des élections mal organisées ou dont les résultats sont contestés sont sources de conflits et de rupture de la paix sociale.

 Un code électoral devrait être consensuel afin :

 -d’encourager la participation d’un maximum d’électeurs ;

 -de permettre des élections justes et transparentes donnant toute leur légitimité aux élus ;

 -de favoriser une culture d’acceptation des résultats.

 Ce n’est malheureusement pas le cas du code objet de la loi du 19 avril 2012.

 D’autre part, vous connaissez mes réserves maintes fois exprimées concernant l’organisation et le fonctionnement d’Elecam. Nous avons tous été témoins des dysfonctionnements de cet organisme à l’occasion de la dernière élection présidentielle. Ce qui a obligé l’administration de reprendre en main au dernier moment, le processus électoral afin de sauver la paix dans notre pays.

 Je persiste à dire que tel qu’organisé et tel qu’il fonctionne, Elecam ne pourra pas organiser les élections législatives et municipales. Des propositions d’amélioration de l’organisation et du fonctionnement de cet organisme vous ont été faites en son temps ; elles méritent d’être prises en compte afin de préserver la paix dans notre pays.

 Peut-être que mes inquiétudes sont infondées puisque les élections législatives et municipales sont renvoyées aux calendes grecques frustrant nos concitoyens de leur droit de choisir leurs représentants.

 Nous en arrivons ainsi à ce paradoxe : les pays en crise se débattent pour organiser des élections afin d’en sortir. Notre pays s’abstient d’organiser des élections et prend de ce fait le risque d’être précipité dans une crise.

 

 III- La problématique de la succession à la tête de l’Etat

 

 Le 3 septembre 2010, je vous ai fait parvenir une note (cf. annexe ci-joint) suite à des informations qui m’étaient parvenues et selon lesquelles vous auriez l’intention de faire modifier la Constitution en vue de créer un poste de Vice-président de la République, avec droit de succession à la Magistrature Suprême de notre pays.

 Dans cette note, je vous faisais part de ce que « la lisibilité d’un successeur est tout à fait concevable dans un système politique de parti unique fermé où tous les acteurs politiques sont soumis à une discipline stricte d’acceptation des choix de leur chef. Et même dans ce cas-là, des difficultés surgissent, mettant en danger la stabilité du Pays ». Notre pays en a d’ailleurs fait l’amère expérience.

 Je vous suggérais « de renforcer les structures qui, le moment venu, doivent gérer une éventuelle succession ».

 D’un côté, le parti dominant auquel nous appartenons tous les deux, « devrait voir le collège (Bureau politique ou autre organe) chargé de designer l’éventuel candidat à la Magistrature Suprême en cas de vacance, renforcé et enrichi d’hommes de qualité ».

 D’un autre côté, le « les organes constitutionnels devraient être mis en place avec à leurs têtes, des hommes très soucieux de l’intérêt national (Conseil Constitutionnel et Présidence du Sénat notamment) ».

 Les deux ou trois de mes proches à qui j’ai fait part de ce qui précède ont désapprouvé ma démarche, au motif que j’aurais pu être le bénéficiaire d’une éventuelle désignation.

 Je leur ai répondu que je n’avais aucune envie d’être nommé Président de la République.

 En effet, je suis porteur d’un projet mettant en avant les exigences de PAIX et de JUSTICE permettant de bâtir une société de confiance.

 D’autres Camerounais sont certainement porteurs d’autres projets. Il me semble naturel et sain que le moment venu, chaque prétendant à la Magistrature Suprême, soumette son projet, l’explique et le défende devant nos compatriotes qui, à travers une élection libre et transparente, choisiront celui ou celle qu’ils voudront mettre à la tête de l’Etat. L’heureux bénéficiaire de leur confiance aura ainsi toute la légitimité nécessaire pour conduire son action pendant la durée du mandat qui lui sera confié.

 Monsieur le Président de la République,

 Les Camerounais sont un peuple majeur. Laissez-les choisir leurs représentants et leurs dirigeants en toute liberté et en toute transparence. C’est la seule manière d’assurer à notre pays un avenir dans la paix.

 En ce qui concerne, de là où je suis, je continuerai à parfaire le projet dont je suis porteur et à le soumettre, chaque fois que cela est possible, à la critique de nos compatriotes auxquels je propose d’ores et déjà que nous nous mobilisions tous pour bâtir une société de confiance.

 

 Yaoundé le 13 mai 2012.

 

 Yaoundé le 03 septembre 2010

 Marafa Hamidou Yaya

 

 Note

 Pour Monsieur Le président de la République

 Je vous prie de bien vouloir me pardonner de devoir distraire votre très haute attention, en évoquant l’importante question d’une éventuelle modification de la Constitution dans un avenir plus ou moins proche.

 En effet, il m’est revenu que le vice-Premier ministre, ministre de la Justice ainsi que le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, ont fait des indiscrétions, le premier à des journalistes internationaux lors de son séjour à Brazzaville à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance du Congo, et le second à quelques amis, sur votre intention prochaine de créer un poste de vice-Président de la République , avec droit de succession à la Magistrature Suprême de notre pays.

 Si leurs allégations étaient avérées, je vous livre très humblement une modeste réflexion sur cette question importante de la vie de la Nation.

 En effet, depuis que vous avez installé le Cameroun dans la modernité en faisant de lui un pays démocratique et ouvert, la lisibilité du successeur potentiel du Président de la République devient un facteur d’instabilité et perturbateur en ce qu’elle pourrait organiser de façon permanente, de petits trafics d’influence et de spéculations. Par ailleurs, la personne désignée fera de la part de certains de vos fidèles et inconditionnels, l’objet d’ « attaques » systématiques, quand ce ne sont pas les originaires d’autres tribus, frustrés de la non-désignation d’un des leurs ; qui s’en chargeraient. Tout ceci est de nature à parasiter et à paralyser un système politique en quête d’efficience pour la réalisation des grands projets de développement qui vous tient à cœur.

 La lisibilité d’un successeur est tout à fait concevable dans un système politique de parti unique fermé où tous les acteurs politiques sont soumis à une discipline stricte d’acceptation des choix de leur chef. Et même dans ce cas-là, des difficultés surgissent, mettant en danger la stabilité du pays.

 Par contre, il serait peut-être probablement plus indiqué de renforcer les structures qui, le moment venu, doivent gérer une éventuelle succession. Ces structures concernent le parti dominant qui devrait voir le collège (Bureau politique ou autre organe) chargé de désigner l’éventuel candidat à la Magistrature Suprême en cas de vacance, renforcé et enrichi d’hommes de qualité. Simultanément, les organes constitutionnels devraient être mis en place avec à leurs têtes, des hommes très soucieux de l’intérêt national (Conseil constitutionnel, Présidence du Sénat).

 Dans un pays comme le notre, cette solution de renforcement de structures (organes constitutionnels et parti), offre l’avantage d’évacuer, sinon diluer le débat sur la succession qui ne serait plus cristallisé sur un seul individu. L’exemple du Gabon, pour lequel vous avez joué un rôle stabilisateur important, est éloquent à cet égard ; alors que celui du Nigéria, où le successeur est d’emblée lisible (quoique élu sur le même ticket que le président de la République), est porteur d’importants germes de déstabilisation.

 

Monsieur le Président de la République,

 Ma modeste contribution a aussi pour avantage de placer le Chef de l’Etat, et lui exclusivement, au cœur du système politique jusqu’au bout ; tous les acteurs politiques significatifs ne réalisent le consensus qu’autour de sa personne.

 Je serai honoré de pouvoir mieux exposer et densifier ma suggestion à l’occasion d’une prochaine audience, lorsque le calendrier de Monsieur le Président de la République le permettra.

 

 Yaoundé, le 03 Septembre 2010

 Marafa Hamidou Yaya

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 22:49

Depuis mon incarcération, les Camerounais s'interrogent sur les raisons pour lesquelles je ne m'exprime que sur les sujets autres que celui pour lequel je suis supposé être détenu. En effet, le 16 avril 2012, répondant à une demande du juge d'instruction près le Tribunal de grande instance du Mfoundi, pour y être entendu sur les faits relatifs à l'affaire «ministère public et Etat du Cameroun contre Atangana Mebara Jean-Marie, Otélé Essomba Hubert, Mendouga Jérôme, Fotso Yves Michel et autres» (c.f annexe n°1). J’ai été mis sous mandat de dépôt au motif vague de «détournement de deniers publics en coaction et complicité (c.f annexe n°2).»

Je ne sais ni quand ce détournement a eu lieu, ni sur quoi il porte, ni de quel montant il s'agit, ni qui en est l'auteur principal, ni quels sont les complices.

Je présume qu'il s'agirait de l'affaire relative à l'acquisition d'un avion pour les déplacements du président de la République, pour laquelle le juge d'instruction aurait été instruit de m'imputer une indélicatesse et pour laquelle il avait rendu une ordonnance de disjonction en janvier 2010 et dont j'ai eu connaissance, car mise en ligne sur internet et publiée dans son intégralité par la presse locale.

S'il s'agit effectivement de cela, je réitère solennellement mon innocence malgré les «vraisemblances» dont il me revient qu'elles auraient été assemblées pour les bénéfices de la cause et qui relèvent d'une démarche inductive.

Je rappelle à nouveau que lorsque les enquêtes relatives à l'acquisition d'un aéronef destiné au président de la République ont été ouvertes et que les différentes personnes ayant intervenu dans ce dossier ont été interrogées, c'est moi qui avais, par acquis de conscience, sollicité le président de la République par note en date du 07 mai 2008, pour être également entendu par les instances compétentes dans le cadre de ces enquêtes, afin de contribuer à la manifestation de la vérité. C'est ainsi que j'ai été interrogé le 15 juillet 2008 par les responsables de la direction de la police judiciaire. A ce jour, c'est la seule fois qu'il m'a été demandé quelque chose sur cette affaire.

Au stade où nous sommes rendus, les Camerounais ont en effet le droit de savoir toute la vérité sur cette malheureuse affaire du BBJ-II, à travers un procès transparent et équitable qui seul, permettra de mettre fin à l'imbroglio et à tout l'amalgame entretenus dans cette affaire, et à dessein, me semble-t-il.

I- Du choix de GIA International

Les principaux intervenants nationaux dans l'affaire de l'acquisition du BBJ-II (Boeing 737800) sont: Le Président de la République, le secrétaire général de la présidence de la République que j'étais, le ministre de l'Economie et des Finances, le chef d'Etat-major particulier du président de la République et l'administrateur-directeur général de Cameroon Airlines (Camair).

Au vu des informations dont nous disposions tous, aucun d'entre nous n'avait présenté une objection quelconque à ce que CAMAIR conclue un contrat avec GIA INTERNATIONAL dans le cadre de cette acquisition. La multinationale «The Boeing Company» n'a pas hésité non plus à conclure et à signer un contrat avec GIA INTERNATIONAL.

II.- Du paiement de GIA INTERNATIONAL

Au cours de nos différentes réunions relatives à cette affaire, nous sommes arrivés à deux (02) conclusions:

1) Le contrat devant lier CAMAIR et GIA INTERNATIONAL comportait trois (03) volets:

- La fabrication de l'avion par The Boeing Company;

- La configuration et l'habillage intérieur par la société «JET AVIATION» basée en Suisse, choisie par l'Etat-major particulier du président de la République;

- Et des équipements annexes (équipements de communications sécurisées, système de protection anti-missiles notamment).

GIA INTERNATIONAL devait recevoir un «Security deposit» de trente et un (31) millions de dollars, grâce auquel cette société devait lever des financements pour l'ensemble de ces opérations d'une valeur totale de soixante douze (72) millions de dollars et livrer le BBJ-I1 prêt à être utilisé. La durée du remboursement de ces financements était fixée à dix (10) ans.

2) Le «security deposit» de trente et un (31) millions de dollars devait s'effectuer à travers l'émission d'une «stand by letter of credit» (accréditif à paiement différé) au profit de GIA INTERNATIONAL qui se chargerait, grâce à cette garantie et le nantissement de l'aéronef, de lever des financements sur le marché international. Cela présentait l'avantage d'éviter à notre pays une prise de risque initiale excessive, dès lors que la somme pour laquelle l'Etat s'engageait n'était guère libérée et transférée d'avance à GIA INTERNATIONAL.

Le ministre de l'Economie et des Finances s'est opposé à l'émission d'une «stand by letter of credit» et a dit qu'il trouverait le moment venu, d'autres moyens pour payer la «security deposit» à GIA INTERNATIONAL.

Le ministre de l'Economie et des Finances était celui qui avait en charge la gestion de la trésorerie de l'Etat. Je n'avais ni à douter de ses propos, ni à lui donner des instructions sur cette question.

Concernant ma qualité de président du Conseil d'administration de la SNH, il me convient de signaler que cette fonction ne me donnait aucunement la latitude d'interférer dans la gestion des revenus pétroliers destinés, à ma connaissance, à alimenter le budget de l’Etat, géré par le ministre de l'Economie et des Finances.

C'est d'ailleurs pour cela que je n'ai jamais convié l'administrateur-directeur général de la SNH à aucune réunion relative à un financement quelconque, ni à l'occasion de cette affaire, ni à toute autre occasion pendant que j'étais secrétaire général à la présidence de la République.

J'ai été informé, une quinzaine de jours après notre réunion relative à l'acquisition du BBJ-II, par l'administrateur-directeur général de la CAMAIR, et à ma grande surprise, que les trente et un (31) millions de dollars avaient été virés directement dans le compte de GIA INTERNATIONAL aux Etats-Unis par le ministre de l'Economie et des Finances.

III.- De la suite de la procédure

A mon départ du secrétariat général de la présidence de la République le 24 adit 2002, le BBJ-II avait été fabriqué par Boeing, le contrat relatif à la configuration et à l'habillage intérieur de cet avion avait été conclu et signé par JET AVIATION. Il y a lieu de noter que cette société suisse n'avait pas non plus hésité à conclure et à signer un contrat avec GIA INTERNATIONAL.

Il semblerait qu'après mon départ du secrétariat général de la présidence de la République, d'après la lettre en date du 04 septembre 2003 adressée à l'ambassadeur du Cameroun à Washington par la société Boeing et dans laquelle cette société exprimait son étonnement et son embarras (conf annexe n°3), l'on se serait orienté vers l'acquisition d'un Boeing 767-300 VIP en lieu et place du BBJ-II (737-800). Et qu'en attendant la fabrication de ce nouvel aéronef, un avion de type 767-200 d'occasion aurait été loué. C'est ce dernier qui aurait été baptisé «L'Albatros».

De ce fait, le contrat entre CAMAIR et GIA-INTERNATIONAL aurait été rompu et notre pays aurait engagé des poursuites aux Etats-Unis à l'encontre de GIA INTERNATIONAL; poursuites ayant abouti à un jugement en août 2006 à Portland, dans la région de l'Oregon, par lequel le Cameroun aurait été indemnisé.

Au vu de tout ce qui précède, je m'interroge sur les faits suivants:

- Pour quelle raison le ministre de l'Economie et des Finances a-t-il préféré transférer l'argent de GIA INTERNATIONAL plutôt que d'utiliser la solution sécurisée de la «stand by letter of credit» qui était proposée?

- Qui a décidé d'utiliser le guichet SNH pour payer les trente et un (31) millions de dollars?

- Pourquoi avoir décidé d'acquérir un Boeing 767-300 Vip en lieu et place du BBJ-II (Boeing 737-800) déjà fabriqué?

Les réponses à ces questions permettraient d'édifier les Camerounais et prouveront mon innocence dans ce qui semble être m'imputé.

Dès lors, plus que tout autre, je réclame et je revendique toute la transparence à travers un procès équitable, dans le cas où ce serait pour cette affaire que je suis incarcéré, afin que toutes les responsabilités soient établies et que, le cas échéant, l'honneur et la dignité de ceux qui sont injustement incriminés soient restaurés.

Marafa Hamidou Yaya

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 22:42

Affaire de l’avion présidentiel. Dans sa troisième lettre ouverte, l’ex-ministre d’Etat pose cette question embarrassante : qui a décidé d'utiliser le guichet S.N.H. pour payer les 24 milliards FCfa distraits des caisses publiques ? 
Procès transparent et équitable pour mettre fin à l’imbroglio et à l’amalgame sur l’affaire de l’avion présidentiel : c’est le vœu de Marafa Hamidou Yaya, formulé dans sa troisième lettre ouverte publiée dans les colonnes du Jour, hier. Une lettre qu’il n’adresse pas au chef de l’Etat Paul Biya, comme les précédentes, mais à l’ensemble des Camerounais, qui, reconnaît-il, « ont le droit de savoir toute la vérité sur cette malheureuse affaire du BBJ-II ». Il fait ainsi d’une pierre deux coups : il donne sa version des faits et répond à ceux qui l’accusent d’être hors sujet dans ses deux premières lettres ouvertes au chef de l’Etat. Ici, Marafa est bel et bien dans le sujet. 
Michel Meva’a M’Eboutou 
Quelle est la vérité, selon l’ex-ministre d’Etat ? Première « vérité » : GIA International devait recevoir un acompte de 31 millions de dollars, grâce auquel cette société devait lever des financements pour l'ensemble des opérations d’acquisition de l’avion d'une valeur totale de 72 millions de dollars (environ 58 milliards FCfa) et livrer le BBJ-ll prêt à être utilisé. La durée de remboursement de ces financements était fixée à 10 ans. 
Deuxième « vérité » : l’acompte de 31 millions de dollars (environ 24 milliards FCfa) devait s'effectuer à travers l'émission d'une "Stand By Letter of Crédit", un accréditif à paiement différé au profit de GlA International, qui se chargerait, grâce à cette garantie, de lever des financements sur le marché international. Selon un banquier, l’accréditif à paiement différé est un engagement de paiement souscrit par le banquier d'un acheteur de payer le vendeur si celui-ci lui présente les documents censés attester de la bonne exécution par le vendeur de ses obligations. Ce moyen de paiement sécurisait des fonds publics dans cette opération : « Cela présentait l'avantage d'éviter à notre pays une prise de risque initiale excessive, dès lors que la somme pour laquelle l'Etat s'engageait n'était guère libérée et transférée d'avance à GlA Intl », explique Marafa Hamidou Yaya. 
Troisième « vérité » : le ministre de l'Economie et des Finances, Michel Meva’a M’Eboutou, s'est opposé à l'émission d'une "Stand By Letter of Crédit", moyen de paiement visiblement sécurisé, et a dit qu'il trouverait, le moment venu, d'autres moyens pour payer l’acompte à GIA International. 
Quatrième « vérité » : une quinzaine de jours après la dernière réunion relative à l'acquisition du BBJ-II, l’Adg de la Camair, Yves Michel Fotso, apprend à Marafa, surpris, que les 31 millions de dollars avaient été virés « directement dans le compte de Gia Int'l aux États-Unis par le ministre de l'Economie et des Finances ». Interrogé devant la barre du Tgi du Mfoundi le 10 mars 2011, le ministre de l'Economie et des Finances de l’époque, Michel Meva’a M’Eboutou, cité par La Nouvelle expression, souvent évasif, a donné cette réponse « Ces 31 millions de dollars US servirait pour l’achat de l’avion présidentiel. Et il nous restait exactement 72h  pour acquérir cet avion parce qu’un autre client voulait exactement le même appareil et tout ceci était sur  instruction de la présidence de la république ». Visiblement sous pression, il a paraphé un projet de contrat. 
Mystère 
Cinquième « vérité » : au départ de Marafa Hamidou Yaya du secrétariat général de la présidence de la République, le 24 août 2002, le BBJ-II avait été fabriqué par Boeing, le contrat relatif à la configuration et à l'habillage intérieurs de cet avion avait été conclu et signé avec Jet Aviation. Dès lors, comment comprendre cette lettre en date du 04 septembre 2003 adressée à l'ambassadeur du Cameroun à Washington par la société Boeing, dans laquelle cette société exprimait son étonnement et son embarras face au choix du Cameroun de changer d’option en s’orientant vers l'acquisition d'un Boeing 767-300 VIP en lieu et place du BBJ-II (737-800) déjà fabriqué ? 
Marafa Hamidou Yaya qui s’exprime pour la première fois sur cette affaire d’acquisition foireuse d’un avion présidentiel publiquement, clame son innocence et met la justice, qui poursuit ses investigations, sur trois pistes  balisées par ces trois questions : pour quelle raison le ministre Michel Meva’a M’Eboutou a-t-il « préféré transférer de l'argent à GIA Int'l, plutôt que d'utiliser la solution sécurisée de la "Stand By Letter of Crédit" qui était proposée ? » M. Meva’a M’Eboutou voudra-t-il répondre à cette question ?  « Qui a décidé d'utiliser le guichet S.N.H. pour payer les trente et un (31) millions de dollars ? » Au stade actuel des informations disponibles, c’est le ministre Michel Meva’a M’Eboutou qui a écrit à l’Adg de la SNH, Adolphe Moudiki, le 21 août 2001, pour lui demander de procéder à deux virements. Qui a instruit le ministre Michel Meva’a M’Eboutou d’autoriser ces virements ? Là aussi, M. Meva’a M’Eboutou voudra-t-il répondre à cette question ? Enfin, « pourquoi avoir décidé d'acquérir un Boeing 767-300 VIP en lieu et place du BBJ-II (Boeing 737-800) déjà fabriqué ? » Cette question est centrale, mais peu explorée jusqu’ici. Pour une raison qui relève presque du mystère. 
Le juge Schlik 
Pour l’ex-Minatd, les principaux intervenants « nationaux » dans l’affaire de l’acquisition du BBJ II sont : le président de la République, le secrétaire général de la présidence de la République (Marafa, ndlr), le ministre de l'Economie et des Finances, Michel Meva’a M’Eboutou, le défunt chef d'état-major particulier du président de la République, le général Bénaé Mpecké, et l'Adg de Camair, Yves Michel Fotso. 
La liste de Marafa H. Yaya corrobore implicitement l’acquittement, le 3 mai dernier, des accusés renvoyés devant le juge Schlik pour cette même affaire. Ni Jean Marie Atangana Mebara, ni Hubert Otélé Essomba, ni Kevin Walls ne sont cités par Marafa comme intervenants principaux. Par réserve ou par stratégie, il ne s’étend pas sur la nature et les formes de l’intervention du président de la République dans cette affaire. Déjà, dans sa première lettre ouverte à Paul Biya, il disait , à propos de cette affaire, son espoir que les débats sur ce scandale permettent à tous les Camerounais de savoir quel est le rôle joué “par tous les intervenants, et celà à tous les nivea

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 11:19

imgres-copie-8.jpgLa mort vient une fois de plus de frapper de façon cruelle le monde du football africain. Rachidi YEKENI, ex avant centre devenu entraîneur de football s'est éteint tôt hier matin dans un hôpital d'Ibadan, au nord du Nigeria. Ibandan, cette même ville qui l'a vu devenir le Rachidi que le monde a connu. Sa carrière footballistique exceptionnelle prendra son essor dans cette ville avec le mythique club de SHOTING STARS D'IBADAN, avec lequel il a connu la gloire dans les compétitions africaines.

Rachidi YEKINI a connu une carrière professionnelle en Europe aussi avec notamment les clubs du Victoria Setubal (Portugal),Sporting Gijon(Espagne), FC Zurich (Suisse)... Mais c'est pendant la coupe du monde 94 que le grand public mondial decouvrira le talent brut de ce colosse après son but marqué contre la Bulgarie (victoire du Nigeria 3 à 0) et la fureur avec laquelle il secouera les filets pour remercier les Dieux du football.

Rachidi YEKINI qui souffrait depuis un long moment s'est éteint à presque 49 ans. Tout comme son regretté compatriote Sam Okwaraji, c'est donc jeune qu'il nous quitte.

Le football africain est aujourd'hui orphelin de ce digne fils qui avait encore beaucoup à apporter à ce continent tant meurtri et spolier par des gouvernements corrompus et assassins.

Que la terre de nos ancêtres te sois légère Rachidi.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 18:09

Du fond de sa cellule, Marafa supplie BIYA.

Monsieur le président de la République, 

Le lundi 16 avril 2012, j’ai été convoqué par le juge d’instruction du Tribunal de grande instance du Mfoundi et écroué à la prison centrale de Kondengui, sans autre forme de procès. 

Vous avez certainement dû apprendre que j’ai demandé la récusation de ce juge d’instruction qui était venu me voir de son propre chef et qui, avec instance, m’a sollicité pour que nous nous « arrangions » afin qu’il instruise le dossier dans un sens qui me serait favorable ! J’ai tout naturellement refusé sa proposition. 

Je vous en avais rendu compte en son temps, pensant que le président du Conseil supérieur de la magistrature s’en serait ému. 

Est-il besoin de vous le rappeler, monsieur le président de la République, que c’est moi qui vous ai sollicité, par correspondance en date du 7 mai 2008 à vous adressée, pour être entendu par les instances judiciaires compétentes, afin d’apporter mon témoignage et contribuer à la manifestation de la vérité dans cette scabreuse affaire que vous connaissez mieux que quiconque parce que régulièrement informé de ce processus d’acquisition de votre avion, que vous suiviez au jour le jour. 

Vous savez bien que mon incarcération n’a rien à voir avec cette affaire pour laquelle je ne suis coupable d’aucun délit et surtout pas de celui que vous avez instruit que l’on m’impute. J’espère que les débats à venir permettront à nos compatriotes de savoir quel est le rôle joué par tous les intervenants, et cela à tous les niveaux. Vous savez également ce que je pense de certaines de ces arrestations spectaculaires. Wikileaks s’en est d’ailleurs fait largement l’écho. 

Monsieur le président de la République, 

Le 06 novembre 1982, j’ai couru derrière votre cortège du carrefour Warda jusqu’au rond-point de l’école de Bastos. J’étais alors un jeune haut cadre de la Snh ; et à ce moment-là, j’étais fier de mon pays. Par la suite j’ai été séduit par votre discours et je me suis engagé corps et âme derrière vous, convaincu de participer à l’édification d’une société de paix et de justice. J’ai essayé de toutes mes forces de travailler dans ce sens. Et vous le savez. Nos compatriotes également l’apprendront. 

Vous m’avez donné l’opportunité de servir notre pays à un très haut niveau. Je l’ai fait avec enthousiasme, engagement et je l’espère modestement, avec une certaine compétence. Comme je vous l’ai dit dans le message de vœux de nouvel an que je vous ai adressé le 30 décembre dernier, je continuerai à servir à l’endroit où vous m’assignerez pour contribuer à faire de notre pays un pays de paix et de Justice. Et de là où je suis, je puis vous affirmer que mon enthousiasme et mon engagement pour ces nobles causes restent intacts. 

J’ai été votre proche collaborateur pendant dix-sept (17) années sans discontinuer. D’abord comme conseiller spécial, ensuite comme secrétaire général de la présidence de la République et enfin comme ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation pendant près d’une décennie. 

Je vous ai servi avec loyauté, sincérité et sans préjugé. Comme vous le savez bien, pendant toutes ces années, j’ai toujours refusé d’être un courtisan. (A titre d’exemple, j’ai constamment refusé de m’associer aux folklore des différentes éditions de « l’Appel du peuple »). J’ai toujours préféré garder une liberté qui me permettait de vous donner, en toute indépendance d’esprit, des avis vous permettant de gérer les affaires de l’Etat dans le plus grand intérêt de notre pays. 

Ce n’était pas une position facile à assumer pour moi, dans un environnement et un contexte qui sont les nôtres, car je n’étais pas un de vos proches de longue date, ni originaire de votre aire culturelle. J’ai cependant eu l’impression que cette position, même si elle vous agaçait quelquefois, était malgré tout appréciée de vous, ce qui justifierait l’exceptionnelle durée et je dirais même l’intensité de notre collaboration.

Cette indépendance d’esprit m’avait permis de vous dire, après l’élection présidentielle de 2004, que ce septennat devrait être le dernier pour vous et que nous devrions tous nous mobiliser pour le succès des « grandes ambitions » afin que votre sortie de la scène politique se fasse avec fanfare, que vous jouissiez d’un repos bien mérité, à l’intérieur de notre pays. 

Etait-ce un crime de lèse-majesté ? C’est possible ! Mais j’exprimais sincèrement ce que je pensais à l’époque être dans votre intérêt et dans celui de notre pays. Ma conviction à l’époque était qu’un mandat supplémentaire serait le mandat de trop. Comme nous allons le voir, le harcèlement et la vindicte à mon égard datent de ce temps-là ; aujourd’hui, je paye peut-être pour cette lucide franchise. 

Cette liberté m’a également permis de vous exprimer une opinion sincère, comme l’illustrent les trois exemples suivants, concernant le gouvernement de la République: 

a) Après la formation du gouvernement consécutif à l’élection présidentielle de 2004, vous m’avez accordé une audience au cours de laquelle vous m’avez demandé ce que les gens pensent du gouvernement. 

Je vous ai répondu qu’ils pensent qu’avec un effectif d’environ soixante-cinq (65) ministres et assimilés, le gouvernement est pléthorique et manquerait d’efficacité. 

Entre agacement et irritation, vous m’avez tenu ces propos : «…Monsieur le ministre d’Etat, vous êtes combien de ministres dans ce gouvernement ? Peut-être dix (10) ou quinze (15) tout au plus. Le reste, ce sont des fonctionnaires à qui j’ai donné le titre». 

Je vous ai répondu: « … C’est peut-être vrai, monsieur le président de la République. Mais le problème, c’est que ces fonctionnaires eux, se prennent pour des ministres». 

Le dialogue à ce sujet s’est arrêté là. 


b) De même, à la veille d’un remaniement, vous m’avez fait l’honneur, au cours d’une audience, de m’interroger sur un compatriote. Je vous ai répondu que ce monsieur ne méritait pas de siéger au gouvernement de la République. Vous avez développé des arguments qui m’ont convaincu que votre décision était déjà prise. Je vous ai alors dit : « …Monsieur le président de la République, au cas où vous le nommeriez au gouvernement, ne lui confiez surtout pas un département ministériel ». Nous connaissons la suite. 

c) Enfin, après la formation du gouvernement au sein duquel monsieur Issa Tchiroma est devenu ministre (afin de contrecarrer mes ambitions, aux dires de certains), vous m’avez accordé une audience au cours de laquelle vous m’avez demandé ce que les gens pensent du nouveau gouvernement. Je vous ai répondu san détour que monsieur Issa Tchiroma ne mérite pas de siéger au gouvernement de la République. Vous et moi et d’autres (y compris lui-même) savons à quoi je fais référence. Je vous ai dit en outre que je ne collaborerai jamais avec lui. 

Jusqu’à présent, les gens pensent que notre « inimitié » est d’ordre politique car nous sommes adversaires dans la même circonscription. Cela n’a rien à voir et l’avenir le prouvera. 


Monsieur le président de la République, 

Lorsque la vindicte à mon égard a commencé, j’ai traité avec indifférence les ragots faisant état de ma déloyauté à votre égard et je me suis abstenu de vous en importuner. Mais lorsque votre entourage le plus proche est rentré dans la danse, j’ai cru devoir à chaque fois, m’en ouvrir à vous. 

Ainsi, lorsqu’en novembre 2007, il a été demandé au préfet du département du Mfoundi de « prolonger la garde-à-vue administrative de quinze (15) jours renouvelables » concernant vingt (20) personnes dont dix-huit (18) sont des militaires de divers grades, j’ai instruit le gouverneur de la province du Centre et le préfet du département du Mfoundi de ne pas s’éxécuter et de se conformer strictement aux dispositions de la loi. Je vous en ai rendu compte par note en date du 21 novembre 2007. Ces personnes auraient été libérées quelques mois plus tard sur vos instructions. 

Quelques jours après le refus de l’administration territoriale de cautionner cette mascarade, j’apprendrai qu’il vous a été rapporté que les personnes concernées seraient mes complices dans une tentative de déstabilisation des institutions de la République. 

Devant cette accusation extrêmement grave et devant la réccurrence des rapports systématiquement négatifs qui vous parvenaient à mon sujet de la part de certaines officines et sur lesquels vous ne me disiez rien, j’ai dû prêter une oreille attentive à l’une des nombreuses offres d’emploi qui m’étaient faites régulièrement au niveau international. J’espérais que mon départ permettrait de préserver la qualité des relations que j’ai eu l’honneur d’entretenir avec vous. Je vous en ai fait part ainsi que de mon désir de quitter le gouvernement au cours d’une audience en date du 30 novembre 2007. Vous m’avez expliqué que vous aviez encore besoin de moi et qu’en ce qui vous concernait, vous me faisiez encore entièrement confiance. 

Je me dois cependant de rappeler à votre attention, quelques faits suivants, entre autres: 

a) Après les émeutes de février 2008, les rapports négatifs à mon encontre se sont intensifiés. Pour mes détracteurs, mon refus constant d’interdire ou de saisir les journaux et mon approche des problèmes consistant à éviter une réponse exagérément et inutilement violente ainsi qu’une répression systématique, prouvaient à suffisance mon manque de loyauté à votre égard. 

A nouveau, je vous ai saisi par note en date du 5 mars 2008 pour vous rappeler que le département ministériel à la tête duquel j’étais, est trop délicat pour avoir à sa tête quelqu’un qui ne jouirait pas de votre confiance. 

J’ai également saisi l’occasion de cette note pour porter à votre attention les relations incestueuses qui tendaient à se développer entre l’Etat et le parti Rdpc, au vu d’une correspondance me concernant adressée par le ministre de la Justice au secrétaire général de ce parti. 

b) Dans un rapport cousu de fil blanc, en date du 24 juillet 2008, le député Mvondo Assam (Bonivan), vice-président de la Commission de défense et de sécurité à l’Assemblée nationale et par ailleurs votre neveu, faisant référence à « différentes notes antérieures », vous souligne « l’ambition d’un grand destin national » qui m’anime ainsi que ma « stratégie de conquête du pouvoir ». 

Je vous ai saisi par note en date du 17 septembre 2008 afin de «solliciter respectueusement l’ouverture d’une enquête sur ces graves accusations». 

Au cours d’une audience ultérieure, j’ai évoqué la nécessité de diligenter cette enquête, vous m’avez dit que votre neveu ne sait pas ce qu’il fait; vous m’avez chaleureusement renouvelé votre confiance et vous m’avez demandé de ne pas tenir compte de cet incident. 

Je vous ai remercié tout en vous disant que si le député Mvondo Assam ne sait pas ce qu’il fait, il ne devrait pas occuper un poste aussi sensible à l’Assemblée nationale. 

c) En février 2010, j’ai fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national. Cette mesure illégale a été grossièrement rendue publique alors que je présidais à Bertoua la commission mixte de sécurité entre le Cameroun et la République centrafricaine, à la tête d’une délégation camerounaise de cinq (5) membres du gouvernement face à sept (7) membres du gouvernement centrafricain. J’ai stoïquement fait face à mes responsabilités. 

A mon retour à Yaoundé, j’ai sollicité une audience au cours de laquelle je vous vous ai à nouveau présenté ma démission. A cette occasion, je vous ai renouvelé l’impérieuse nécessité de nommer à la tête du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation une personne qui non seulement jouirait de votre confiance, mais aussi que l’on laisserait travailler en toute sérénité. A nouveau vous avez refusé ma démission et vous m’avez renouvelé votre confiance. 

d) Avant la convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle du 9 octobre dernier, vous m’avez fait recevoir par le Directeur du cabinet civil. Une première ! Celui-ci m’a dit qu’il me recevait en votre nom et que vous vouliez savoir si j’allais me présenter contre vous à cette élection. J’ai été choqué car ce faisant, vous donniez du crédit à la rumeur qui vous avait été maintes fois rapportée selon laquelle j’aurais créé un parti politique clandestin. 

J’ai dit au directeur du cabinet civil de vous dire que j’étais blessé aussi bien par le contenu du message que par la manière dont il a été délivré. Je lui ai dit par ailleurs de vous rassurer, par souci de responsabilité et pour éviter toute crise inopportune, que je ferai tout mon devoir pendant la période délicate avant, pendant et après les élections, afin que la paix soit préservée dans notre pays. Mais qu’après cette élection, compte tenu de l’effritement continu de la confiance depuis bientôt (07) ans et finalement de la perte manifeste de celle-ci, je n’entendais plus continuer ma collaboration avec vous au niveau du gouvernement. 

J’ai fait part à mes proches de cette blessure ainsi que de la décision de ne pas figurer au gouvernement après l’élection présidentielle. 

Après la clôture du dépôt de candidatures et ayant constaté que la mienne n’y figurait pas, le directeur du cabinet civil m’a à nouveau reçu pour me dire de ne pas surinterpréter votre message qui est allé au-delà de votre pensée et que vous me recevriez bientôt pour lever toute équivoque. Je lui ai répondu que je n’étais pas demandeur d’une audience et que ma décision de ne plus faire partie du gouvernement après l’élection présidentielle était non négociable. J’avais alors mesuré toute la portée de ces paroles de Fénelon à Louis XIV : «Vous êtes né, Sir, avec un cœur droit et équitable, mais ceux qui vous ont élevé ne vous ont donné pour science de gouverner, que la méfiance». 

e) Après mon départ du gouvernement, une certaine presse en furie et aux ordres, s’est mise à préparer l’opinion (comme il est désormais de coutume) pour mon incarcération à venir, faisant fi au passage des intérêts de notre pays. 

C’est ainsi que le monde entier apprendra que je suis à la tête d’une armée de 6.000 rebelles ! A ce jour, je n’ai pas été interrogé sur cette volonté affichée de déstabilisation qui aurait été éventrée. A ma connaissance, ceux qui ont publié cette grossièreté ne l’ont pas été non plus. On se serait limité à dire que la grossièreté se le dispute à la bêtise si ce n’est que c’est notre pays qui souffre de cette image pré-insurrectionnelle. 

De même, cette obsession à me lier à la France alors que c’est du Cameroun qu’il s’agit ! Des notes de renseignements vous parviennent selon lesquelles l’ambassadeur de France à Yaoundé viendrait souvent à mon domicile en cachette, dans une voiture banalisée, afin que nous élaborions des plans de déstabilisation de notre pays. 

Aussi, des informations sont distillées dans le public sur mes prétendues relations avec un grand industriel français qui viendrait souvent clandestinement à Garoua me rencontrer pour le même objet. Notre pays serait-il devenu une passoire pour que l’on y pénètre sans visa ou y faire atterrir des aéronefs sans une autorisation préalable de survol du territoire ? 


Monsieur le président de la République, 

Vous me connaissez très bien. Je ne cache ni mes opinions ni mes agissements. 

Vous comprenez donc qu’ayant recouvré ma liberté de parole car n’étant plus tenu par une quelconque obligation de solidarité ou de réserve, je puisse exposer, échanger et partager avec tous nos compatriotes mes idées et mes réflexions que je vous réservais en toute exclusivité ou que je ne développais qu’au cours des réunions à huis clos. Ces idées et ces réflexions portent particulièrement sur la paix et la justice. 

Et avant de terminer, permettez-moi de vous assurer, que du fond de mon cachot, je n’ai ni haine, ni regrets, et que je ne nourris ni mélancolie, ni amertume. Surtout, je n’ai aucune pulsion suicidaire. S’il m’arrivait quelque chose par inadvertance, ce ne serait ni de mon fait, ni du fait des repas que je me fais livrer par ma famille. Bien que n’ayant pas particulièrement peur de la mort, j’aimerais que si cette fâcheuse éventualité survenait, les responsabilités soient bien établies. 

Marafa Hamidou Yaya 

Source: L'Oeil du Sahel

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 17:44

marafa_lettre_paul_biya_009_ns_380.jpgComme Staline en son temps, "le monarque de la république" du Cameroun Paul Biya se lance à l'épuration de épurateurs. C'est ainsi que, lâchant peu à peu ses fidèles "Doungourous" avec qui il oeuvré dans sa basse besogne de massacre des camerounais et d'appauvrissement du Cameroun, Biya vient de se débarrasser de l'un de ses plus gênants lieutenant: Marafa Hamidou YAYA.

Sous le prétexte de fomenter un coup d'état ou une tentative de déstabilisation du Cameroun, en collaboration avec l'ambassadeur de France au Cameroun, Marafa Hamidou YAYA, ex ponte du macabre système Biya vient de connaître ce que c'est que pactiser avec le diable. Le plus surprenant est que pendant que Marafa Hamidou YAYA croupit en prison comme d'autres avant lui qui ont pactiser avec le dictateur Biya pour dépouiller le Cameroun et asservir ses populations: ABAH ABAH, OLANGUENA AWONO, ONDONG DONG, ATANGANA MEBARA..., son supposé acolyte, l'ambassadeur de France est toujours en poste et ne fait l'objet d'aucune procédure d'expulsion.

Comment comprendre qu'un citoyen étranger accusé de tentative de déstabilisation d'un pays ne soit pas inquiété et continue à vaquer à ses occupations?

Soit cette accusation est complètement fallacieuse à l'endroit de Marafa HAMIDOU YAYA, soit Paul Biya choisit qui de ses éventuels pourfendeurs il va tuer.

Une chose est certaine, c'est que le très fidèle Marafa Hamidou YAYA, connaît les sombres heures qu'il a fait vivre à d'autres personnes autrefois. C'est Paul Eric Kingue, ou Lapiro de Mbanga qui sauront rire de celui qui autrefois, fièrement et de façon machiavélique les a envoyés en prison il y a quelques années.

Un bel avertissement est lancé à tous ceux qui continuent à servir et soutenir l'abyssale et diabolique action de Biya. Il sera porté sur eux le jugement qu'ils auront sur les autres.

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